Waterloo 1815

# Posté le vendredi 20 février 2009 18:31

Combats de Plancenoit

Combats de Plancenoit
Plancenoit a joué un rôle essentiel au cours de la bataille de Waterloo. Pris et repris à plusieurs reprises par les Prussiens et les Français, le village a été le théâtre de combats acharnés et terriblement sanglants. C'est également sur le territoire de cette ancienne commune que se trouve le beau monument de l'Aigle blessé, dédié aux morts français de la bataille

La "bataille" de Plancenoit
Lorsque l'aube du 18 juin 1815 se lève, la quarantaine de maisons de Plancenoit déborde littéralement de soldats français. C'est que la veille au soir, alors qu'ils ont combattu aux Quatre-Bras ou qu'ils ont marché des kilomètres, les malheureux, affamés – ils avaient depuis longtemps épuisé la ration de pain qu'ils avaient reçu le 15 au matin – , trempés – il pleuvait à seau depuis le 17 à 14.30 hrs –, qui passaient par là ont vu dans ce petit village un abri d'autant plus providentiel que la population s'était enfuie dans les bois environnants.

Le village est évacué dans le début de la matinée du 18. On devine l'état lamentable dans lequel se trouvent les maisons désertées... Jusque vers 18.00 hrs, Plancenoit ressemblera à un village abandonné au milieu de nulle part.

Peu après 16.00 hrs, on aperçut les premiers cavaliers prussiens sortir du bois de Paris. Pendant ce temps, à couvert, la 15ème brigade de Losthin s'était formée au nord du chemin de Plancenoit et la 16ème (Hiller) au sud. Le tout est couvert par 32 pièces d'artillerie.

L'axe principal de l'attaque prussienne est donc perpendiculaire au front principal français et est représenté par le chemin de Lasne à Plancenoit. C'est d'ailleurs le clocher de l'église de Plancenoit qui constitue le point de mire pour les soldats prussiens.

Néanmoins, Blücher, toujours prudent, fait détacher trois bataillons sur sa droite afin de pro-téger son flanc droit (dans l'ordre les 2/18 R.I., 3/3 Landwehr Silésie et 1/18 R.I.). Ces unités prennent la direction du château de Fichermont et du hameau de Smohain. De même, à gauche, les 3/15 R.I. et 3/1 Landwehr de Silésie se dirigent vers la ferme Hannotelet. Ajoutons que les deux escadrons de von Falkenhausen sont toujours disposés dans la vallée de la Lasne vers Ma-ransart. L'attaque du 4ème corps est donc parfaitement protégée sur ses deux flancs.

L'intention de Blücher est parfaitement claire : il s'agit de pousser jusqu'à la chaussée et de couper la retraite à l'ennemi. En même temps, en poussant quelques bataillons vers Smohain, on donnera la main à Wellington. On s'est parfois demandé pourquoi les Prussiens étaient si tardivement intervenus sur le champ de bataille. Et on a cru y répondre en disant que c'est à la méfiance de Gneisenau qu'il fallait attribuer ce prétendu retard. Mais nous savons que dès 13.30 hrs, lorsque la grande batterie se déchaîna, Gneisenau était fixé ; que, d'autre part, Gneisenau était encore à Wavre à ce mo-ment, occupé à régler la marche des 2e et 3e corps ; que Blücher était avec Bülow et que c'est donc lui qui ordonna l'attaque du 4e corps, avant même qu'il soit entièrement réuni. C'est aux difficultés du passage de la Lasne que Blücher attribue son retard (relatif). La plupart des sources prussiennes confirment ce point de vue. Müffling suggère même que l'on attendit les batteries de 12 pour engager franchement le combat. Quoi qu'il soit, les auteurs prussiens sont unanimes : on n'attendit pas que le 4e corps fût au complet pour se lancer dans la bagarre et cela est dû au fait que Wellington semblait en grande difficulté. Damitz va même jusqu'à écrire : « Les nombreux rapports que le feld-maréchal [Blücher] recevait du duc de Wellington montraient assez que celui-ci était à la dernière extrémité. Les forces de Napoléon se voyaient distinctement vers Belle-Alliance : à chaque instant elles pouvaient rompre la ligne ébranlée des Anglais. »

Trois batteries prussiennes ouvrirent le feu sur la cavalerie française à la limite de leur portée. Selon Müffling, ce tir avait plutôt pour but d'avertir Wellington que les Prussiens entraient dans la bagarre . Thurn und Taxis confirme[2] . Si tel est bien le cas, l'effet fut complètement manqué. Dans son Memorandum de 1842[3], le duc précise que le premier avis qu'il reçut des mouvements de Blücher lui parvint à 18.00 hrs par un message arrivé de sa droite qui lui signalait qu'à ce moment, on apercevait dans le lointain, derrière la droite de l'ennemi, la fumée d'un tir d'artillerie qu'on supposait avoir lieu à Plancenoit ... Il est vrai qu'à 16.30 hrs, déferlaient sur la ligne alliée les grandes charges de cavalerie françaises et, que dans la fumée et le vacarme de la bataille, de là où il se tenait, Wellington aurait été bien en peine d'apercevoir quoi que ce soit du côté de Plancenoit.

Au tir d'artillerie prussien, Domon fit avancer un de ses régiments de chasseurs dans l'intention manifeste de charger les batteries ennemies et, sans doute aussi, de laisser le temps au 6e corps de se déployer . A la vue de cette man½uvre, « le 2e hussards silésiens, le 2e de landwehr de Neumark et les escadrons de la 16e brigade traversèrent les intervalles de l'infanterie et vinrent se former en bataille, les hussards à gauche du chemin, la landwehr de Neumark à droite, les 2 escadrons silésiens en arrière. Cette masse de 10 escadrons refoula sans peine les 4 premiers escadrons de Domon, mais elle dut plier à son tour devant les 8 autres . » Les cavaliers prussiens repassèrent derrière leur artillerie et leur infanterie. Domon, emporté par son élan se trouva donc complètement à découvert et dut reculer face au feu d'enfer que dirigeaient contre eux les canons de Blücher et les fantassins de Losthin bien postés . Il passa en réserve, démasquant l'infanterie du 6ème corps.

Malgré la faiblesse de son artillerie, Lobau sut l'utiliser à bon escient et les artilleurs français eurent la satisfaction de mettre hors de combat la moitié de la 14ème batterie du 1er lieutenant Hensel. Malgré tout, encouragées par la maigreur du feu d'artillerie français, les brigades Losthin et Hiller sortirent résolument du bois et marchèrent à l'ennemi. A son tour, Lobau, qui ne désirait pas subir le choc passivement, porta son corps en avant et repoussa brièvement l'ennemi. Il était 17.30 hrs.

Cet incontestable succès n'eut pourtant aucun effet : voilà que du bois, surgissaient maintenant les 13ème (von Hake) et 14ème (von Ryssel) brigades. Toute la cavalerie du prince Guillaume suivait de près et deux batteries supplémentaires furent mises en ½uvre. La résistance était presque impossible : Lobau alignait maintenant ses 6 500 hommes contre plus de 30 000 hommes du 4ème corps prussien. A l'impossible, nul n'est tenu, dit-on. Et pourtant, Lobau s'en tint à l'impossible et offrit un très solide front aux attaques prussiennes.


Tentative d'enroulement par le village : première prise de Plancenoit
Gneisenau, arrivé sur ces entrefaites, comprit – et en avisa Blücher – que s'obstiner à attaquer de front Lobau ne servait à rien et qu'il valait mieux essayer de le tourner à gauche (vers le sud) . En conséquence de quoi, la 16ème brigade (Hiller) appuya à gauche, directement appuyée par la 14ème (von Ryssel). La 13ème brigade (von Hake) vint prendre la place de la 16ème à gauche de la 15ème (Losthin). Deux bataillons de Hake furent détachés sur la droite et reprirent les extérieurs du château de Fichermont. Pendant ce temps-là, les huit batteries prussiennes (59 pièces) pilonnaient le corps de Lobau. Celui-ci, dont la position devenait intenable, commença à redouter sérieusement d'être enroulé par sa droite. Il recula calmement et son corps exécuta une man½uvre excessivement difficile dans ces conditions. En effet, alors que jusqu'ici, chacune des deux divisions était en colonnes par division à distance de section, tout en reculant, elles se déployèrent de sorte à former la ligne sur trois rangs. Du nord au sud, le long de ce qui constitue aujourd'hui le chemin de Plancenoit et le chemin de Camuselle, était déployée la 20ème division dans l'ordre suivant : le 2/107 R.I., le 1/107 R.I., le 2/10 R.I., le 1/10 R.I., le 2/5 léger, le 1/5 léger et le 2/84 R.I.. Un bataillon (le 1/84 R.I.) prit position dans le village de Plancenoit, près de l'église, tandis qu'autour, les 2/27 R.I., 1/27 R.I., 1/11 R.I., 1/5 R.I., et 2/5 R.I., se postaient le long des haies ou des murs, y cherchant une forte position défensive. En deuxième ligne, dans le village, se trouvaient les 2/11 R.I. et 3/11 R.I. Ainsi le village était-il défendu par l'équivalent d'une brigade. Tout ceci se fit sous le feu des batteries prussiennes qui avançaient progressivement.

Plancenoit n'est absolument pas un village facile à défendre : il constitue, selon l'expression consacrée, un « nid à obus ». C'est dire si les cinq ou six batteries d'artillerie prussiennes s'en donnèrent à c½ur joie. Vers 18.00 hrs, les Prussiens passèrent à l'attaque générale. Au nord, le long des chemins, la division Losthin précédée d'une nuée de tirailleurs monta à l'assaut de la 20ème division qui tint assez bien sa position mais qui commença à céder lentement le terrain. C'est sur le village que s'exerça la pression principale des Prussiens : en première ligne, par la division Hiller soutenue par la division Ryssel. En peu de temps, malgré une résistance acharnée, le village tomba aux mains des Prussiens qui s'y retranchèrent.

Pas de doute : si les Prussiens restaient là, ils étaient à même de menacer la ligne de retraite de l'armée française. Déjà, des boulets prussiens tombaient sur la chaussée de Bruxelles où était stationnée l'ultime réserve, la Garde. Napoléon fit donc appeler le général Duhesme et lui donna l'ordre de reprendre le village.


La jeune garde reprend Plancenoit
Le général Duhesme reçoit donc, peu après 18.00 hrs, de la bouche de l'empereur lui-même, l'ordre de reprendre le village de Plancenoit. Entre 18.30 et 18.45 hrs, s'ébranle donc la jeune garde qui était jusque-là stationnée le long de la chaussée. Elle marche le long de ce nous nommons maintenant la rue du Champ de Bataille et la rue de la Bâchée. En tête marchent les 2ème et 1er bataillons du 1er tirailleurs puis les 1er et 2ème bataillons du 1er Voltigeurs, les 1er et 2ème bataillons du 3ème Tirailleurs, les 1er et 2ème bataillons du 3ème Voltigeurs. On a fort peu de détails sur cet assaut. Il semble bien toutefois que le 1/1 Tirailleurs se dirigea vers le nord du village et le 2/1 Tirailleurs vers le sud. Le reste, soutenu ou précédé par les 27ème, 11ème et 5ème de ligne, s'engouffra dans le village dont ils chassèrent les Prussiens sans grosse difficulté. Après avoir reculé, la 16ème brigade prussienne fut reformée et renforcée par le général von Hiller. Trois colonnes de 2 bataillons chacune furent constituées ; à droite, les 1/15 R.I. et 2/15 R.I. (major Wittig) ; au centre, les 1/1 Silésiens et 2/1 Silésiens (major Fischer) ; à gauche les 1/2 Silésiens et 2/2 Silésiens (Lt-col Blandowsky), soutenus en deuxième ligne par 2 bataillons de la 14ème brigade (1/2 R.I. et 1/1 Poméraniens). Cependant, au nord, la 13ème brigade (Hake) vint soutenir la 15ème (Losthin), toujours aux prises avec le gros de Lobau.

Les tirailleurs et voltigeurs de la garde s'étaient retranchés à leur tour dans le village et dans le cimetière et accueillirent ce nouvel assaut avec vigueur. Quelques pièces d'artillerie les soutenaient.


Les Prussiens s'emparent de Plancenoit pour la deuxième fois
Les Prussiens, à la tête desquels Gneisenau était venu se mettre personnellement, ne se laissent pas arrêter, reprennent pied dans le cimetière et continuent leur progression dans le village où ils prennent deux canons et un obusier à l'ennemi. Mais les Français se sont barricadés dans les maisons d'où ils tirent à bout portant sur les Prussiens mal protégés. La situation devient très vite impossible à gérer et les Prussiens se retirent lentement. Mais ils se reforment aussitôt, se voient renforcés par le 2/2 R.I. et le 2/1 Poméraniens, repartent à l'assaut et reprennent la plus grosse partie du village. D'après le général Pelet, qui, avec la vieille garde, se trouvait non loin de la chaussée, la jeune garde « était poussée, et les hommes filaient sur les derrières ». Autrement dit, ils prenaient la poudre d'escampette... Pelet, de sa propre initiative, envoya 50 hommes vers les premières maisons de Plancenoit qui, en venant de la chaussée, étaient assez éloignées du village et bien séparées, pour arrêter les fuyards. Ce qu'ils n'arrivèrent sans doute pas à faire complètement, puisque Pelet dut envoyer un second détachement qu'il dut placer lui-même.
Intervention de la vieille garde
Cependant, vers 19.15 hrs, lorsqu'il aperçoit que le village est sur le point de retomber aux mains de l'ennemi, Napoléon ordonne au général Pelet de prendre la tête du 1er bataillon du 2ème chasseurs de la garde et du 1er bataillon du 2ème grenadiers de la garde et d'aller donner un coup de main à la jeune garde et aux bataillons de ligne pour s'assurer solidement du village. Le fait que l'empereur n'hésite pas à engager deux bataillons de sa vieille garde en dit long sur l'importance qu'il accordait à la possession du village.

Le général Morand, commandant des Chasseurs de la garde – à moins que ce ne soit l'empereur lui-même – ordonna au général Pelet : « Allez avec votre 1er bataillon à Plancenoit, où la jeune garde est toute renversée. Soutenez-la. Tenez vos troupes réunies et en main ; si vous abordez l'ennemi, que ce soit avec une seule division (deux compagnies) et à la baïonnette. »

Au pas de charge, les grenadiers du 2e bataillon (Golzio) du 2e régiment de grenadiers de la garde nettoyèrent le village de tout ennemi et continuèrent à pourchasser les Prussiens à plus de 500 mètres au-delà, jusqu'aux batteries prussiennes, un moment abandonnées. Cependant, cette masse, désorganisée par sa charge même, se vit à son tour charger par des hussards silésiens qui refoulèrent les grenadiers. A leur tour, ces hussards furent chargés par les lanciers de Subervie, bientôt appuyés par plusieurs escadrons de Domon, eux-mêmes bientôt chargés par le régiment de hussards prussiens n° 8.

Mais le village de Plancenoit était repris par les Français.

C'est à ce moment que Napoléon, rassuré sur sa droite, et qui venait d'apprendre la prise de la Haye-Sainte, crut qu'il était temps de donner le coup définitif aux Anglo-Hollandais et mit en branle la charge de la garde impériale sur le centre-droit de Wellington.

Cependant, les artilleurs prussiens reprirent leurs postes et noyèrent le village de Plancenoit dans un océan de feu.

Les 14ème et 16ème brigades prussiennes qui avaient pris le village puis qui l'avaient reperdu étaient épuisées et mirent du temps pour se reformer. Pendant ce temps, les 13ème et 15ème brigades se heurtaient toujours à la résistance acharnée du corps de Lobau. La cavalerie du prince Guillaume de Prusse s'était chargée de remplir le vide laissé entre les deux ailes du 4ème corps, mais il était dans la plus inconfortable des positions, bombardé par l'artillerie française qui lui causa d'importants dégâts. A 19.00 hrs donc, aux dires de Gneisenau, la bataille était indécise. C'est un euphémisme... En effet, à ce moment, les Prussiens étaient bloqués devant Plancenoit et la ligne anglaise faisait entendre de sinistres craquements.

Chute définitive de Plancenoit
Vers 20.00 hrs, une colonne d'assaut prussienne monte vers le village. Le 2ème régiment pomé-ranien est en tête de colonne et se dirige vers l'église. Il se heurte au mur du cimetière que les Français ont garni de tirailleurs ainsi d'ailleurs que les fenêtres des maisons environnantes. En face d'eux, les granges et les étables de la ferme Cuvelier dissimulent la réserve française derrière des volutes de fumée, mais, par le fait même, empêche leur intervention.

Les Prussiens, vu les importantes pertes subies devant l'église, réalisent que cette attaque frontale n'est pas la bonne méthode. Il s'en suit que le major Witzleben bifurque à gauche, avec le 25ème R.I., rejoint les tirailleurs qui occupaient le bois de Virère et prend la rue La Haut. Le major Keller, avec les deux bataillons – les 1/15 R.I. et 1/1 Silésiens – avait longé la Lasne et vint appuyer le major Witzleben. Après un combat acharné, ces deux groupements nettoient le sud du village et sont en mesure de remonter vers la place par deux petites ruelles, dont l'une porte aujourd'hui le pittoresque nom de rue al' Gatte. Dès lors, la place et le cimetière sont pris entre deux feux. Aerts écrit qu'un bataillon de la jeune garde se fit massacrer dans le cimetière . Il semble pourtant que ce soit le 1er bataillon du 2ème chasseurs de la vieille garde qui ait été le dernier à quitter le cimetière, non sans y subir des pertes très sévères.

Dès lors, les Français, toute cohérence oubliée, évacuèrent le village vers 20.30 hrs et furent pris dans la déroute générale comme dans un engrenage.


Bilans
Ainsi donc, pour prendre Plancenoit, ce furent quelque 35 000 Prussiens qui furent engagés tandis que l'aile droite française compta au plus 13 000 hommes. En d'autres termes, 43 bataillons prussiens furent opposés à 25 bataillons français. Adkin, parlant des combats de Plancenoit écrit que, du fait que ce combat rapproché s'est situé dans des espaces construits, « la bataille absorba des troupes comme une éponge absorbe l'eau ». Ce type de combat urbain ne permettait pas aux Prussiens d'utiliser leurs forces d'un coup, mais seulement par petits paquets, ce qui rendait la défense du village d'autant plus aisée qu'il était possible de se poster derrière les murs et les haies. C'est l'utilisation massive et successive de troupes fraîches opposée à des défenseurs toujours un peu plus fatigués qui permit finalement aux Prussiens de l'emporter.

Les pertes humaines furent considérables. Il est impossible d'avoir un décompte exact des morts et des blessés du côté français. Les seuls chiffres que l'on puisse utiliser s'obtiennent en soustrayant de l'effectif au début de la campagne, celui donné par les revues de troupes faites entre les 23 et 26 juin.

Tenant compte des désertions survenues après le 18 juin, on peut donc évaluer les pertes françaises à Plancenoit à environ 6 000 tués, blessés ou disparus.

Du côté prussien, les statistiques sont plus précises. La 5ème brigade (Tippelskirch), la dernière à être intervenue dans la bataille, ne perdit que 350 hommes ; la 13ème brigade (Hake) perdit 1 000 hommes ; la 14ème (Ryssel), 1 400 hommes ; la 15ème (Losthin), 1 800 hommes ; la 16ème (Hiller) 1 800 hommes. Soit un total de 6 350 hommes. Le nombre total de Prussiens impliqués dans le combat de Plancenoit étant d'environ 30 000 hommes, cela nous donne 21% de pertes.
( Nous pouvons voir ici la Jeune Garde secouru par les Chasseurs à pieds de la Vieille Garde, reconnaissable à leurs bonnets à poils.)
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# Posté le mercredi 18 mars 2009 09:16

Modifié le mercredi 18 mars 2009 18:14

Plancenoit

Plancenoit
L'action se déroule après l'anéantissement des derniers carrés de la Garde sur la plaine de Waterloo ( le village de Plancenoit y détient une position stratégique et est toujours défendu par la Garde Impériale ):
La déroute est totale, les carrés de la Garde qui ont maintenant rejoint le plateau de la Belle Alliance sont presque anéantis. Le crépuscule ajoute à cette vision sa touche d'horreur. La confusion est telle que certains cavaliers Coalisés se chargent mutuellement. La brigade Adam est prise pour cible par l'artillerie prussienne.

Dans Plancenoit c'est toujours le carnage, la Garde demeure inexpugnable. Les Prussiens des divisions Hiller, Tippelkirsh et Ryssel doivent prendre le village rue par rue, maison par maison, pièce par pièce. La résistance est farouche. Le village est en feu, les débris incandescents s'abattent sur les combattants, les toits de chaume s'embrasent. C'est un enfer. Un bataillon entier de la Jeune Garde est exterminé dans le cimetière. Son chef, Duhesme est mourant. Plancenoit sera le tombeau de la Jeune Garde. Le Tambour-Major Stubert du 2èm grenadiers assomme les Prussiens avec le pommeau d'argent de sa canne. On s'égorge comme à Ligny. Le Major Prussien Von Damitz, est obligé de constater : « Il faut anéantir les Français pour s'emparer de Plancenoit ».

Malgré une défense héroïque, la Garde ou du moins ce qu'il en reste, submergée, est chassée du village. Le général Pelet qui se trouve au milieu de l'ennemi avec une poignée d'hommes et le porte-aigle des chasseurs de la Vieille Garde rallie ses troupes qui reforment un carré au milieu de la cavalerie anglaise, « À moi chasseurs de la Vieille Garde, sauvons l'Aigle ou mourons près d'elle » (*). Tous les Gardes valides entendant ce cri retournent se rallier autour de leur emblème. De Plancenoit déboulent pêle-mêle Français et Prussiens.

(*) Le mot « Aigle » utilisé pour désigner un emblème est de genre féminin.

( nous voyons ici le général Pelet à cheval menant les Chasseurs de la Vieille Garde, reconnaissable à laur bonnet en peau d'ours et, au premier plan ,des soldats de la Jeune Garde )

# Posté le lundi 16 mars 2009 17:03

Modifié le jeudi 19 mars 2009 17:14

Bataille d'Austerlitz 2008

Tous les ans ,sur le champs de bataille d'Austerlitz a lieu une reconstitution de la bataille ,le 2 décembre (jour d'anniversaire de la bataille) où se réunissent des centaines voir des miliers de passionnés pour y participer
RODOLPHE ,ARNAUD ET ANTHONY FAUT QU'ON Y AILLE !!!

# Posté le jeudi 26 février 2009 16:48

Modifié le dimanche 15 mars 2009 06:57

Attaque de la Garde

Attaque de la Garde
A Waterloo, le 18 juin 1815 vers 19 heures, Napoléon décide finalement de faire donner la Garde impériale


Composition de la Garde impériale à Waterloo
La garde comprend :

la division de Grenadiers à pied du général Friand :
1er régiment de grenadiers (Vieille Garde) à deux bataillons : général de brigade Petit
2e régiment de grenadiers (Moyenne Garde) à deux bataillons : général de brigade Christiani
3e régiment de grenadiers (Moyenne Garde) à deux bataillons : général de brigade Poret de Morvan
4e régiment de grenadiers (Moyenne Garde) à un seul bataillon : général de brigade Hanret
la division de Chasseurs à pied du général Morand :
1er régiment de Chasseurs (Vieille Garde) à deux bataillons : général de brigade Cambronne
2e régiment de Chasseurs (Moyenne Garde) à deux bataillons : général de brigade Pelet
3e régiment de Chasseurs (Moyenne Garde) à deux bataillons : général de brigade Mallet
4e régiment de Chasseurs (Moyenne Garde) réduit à un bataillon : général de brigade Henrion
la division de la Jeune Garde du général Duhesme :
1re brigade avec les 1er Tirailleurs et 1e Voltigeurs (quatre bataillons)
3e brigade avec les 3e Tirailleurs et 3e Voltigeurs (quatre bataillons)
la division de cavalerie légère du général Lebfèvre-Desnouettes :
1e brigade : les Chasseurs à Cheval
2e brigade : les Lanciers rouges
la division de cavalerie lourde du général Guyot :
1re brigade : les Grenadiers à Cheval
2e brigade : les Dragons de l'Impératrice
4e brigade : les Gendarmes d'Elite
l'Artillerie de la Garde avec 10 batteries à pied et 4 batteries à cheval du général Desvaux de Saint Maurice

Antécédents
L'infanterie de la garde avait attaqué victorieusement deux jours auparavant à la bataille de Ligny. Le 4e Chasseurs y avait payé un lourd tribut, si bien que ses deux bataillons furent fusionnés en un seul dès le 17 juin. Chaque bataillon avait un effectif de 500 à 600 hommes.

La cavalerie de la garde fut décimée au cours des nombreuses charges menées par le maréchal Ney.

L'engagement à Plancenoit

Dans l'infanterie de la Garde, c'est la division de la Jeune Garde qui est la première engagée. Alors que le Corps de Lobau essaye d'endiguer le IV Corps prussien sur le flanc droit, un autre corps prussien survient plus au sud et envahit Plancenoit. Pour s'y opposer, vers 18H00, l'Empereur y envoie la Jeune Garde. Les combats n'en finissant pas, les 1e bataillons du 2e Grenadiers et du 2e Chasseurs, tous deux de la Vieille Garde, sont dépêchés à leur tour. C'est à la baïonnette et sans tirer un seul coup de feu qu'ils reprennent le village. Le général Pelet qui les commande y perd la vie mais les Prussiens se replient en désordre, épouvantés.


L'attaque
Après 19H00, l'Empereur consent à "faire donner" la garde sur le plateau de Mont Saint-Jean. Neuf bataillons sont disponibles. La situation est la suivante :

Vieille Garde : un bataillon disponible
1er Grenadiers, 1er et 2e bataillons: garde personnelle de l'Empereur
1er Chasseurs, 1er bataillon : garde du QG (ferme du Caillou)
1er Chasseurs, 2e bataillon : disponible
Moyenne Garde : huit bataillons sont disponibles
2e Grenadiers, 1er bataillon : Plancenoit
2e Grenadiers, 2e bataillon : disponible
3e Grenadiers, 1er et 2e bataillon: disponible
4e Grenadiers, un seul bataillon: disponible
2e Chasseurs, 1e bataillon : Plancenoit
2e Chasseurs, 2e bataillon : disponible
3e Chasseurs, 1er et 2e bataillon: disponible
4e Chasseur, un seul bataillon: disponible
Les neuf bataillons sont répartis en deux groupes : devant, cinq bataillons de la moyenne garde et environ 500 m en arrière, quatre autres bataillons dont un de la vieille garde. Les historiens ne contestent pas ce dispositif mais ne sont pas d'accord sur la mission des bataillons arrière : attaque ou non et quel objectif ? Les événements se déroulent comme suit :

Vers 19H30, cinq bataillons de la Moyenne Garde montent à l'assaut des positions de Wellington situées à l'ouest et à l'endroit où se dresse actuellement le lion. Une batterie d'artillerie à cheval de la garde accompagne. Le maréchal Ney mène l'attaque à pied car son 5e cheval vient d'être tué sous lui. Les bataillons, chacun en carré pour faire face à une éventuelle charge de cavalerie, marchent en échelon refusé vers la gauche. D'ouest en est, on observe :

le 4e Chasseurs (réduit à un bataillon depuis Ligny)
le 2e bataillon du 3e Chasseurs
le 1e bataillon du 3e Chasseurs
le 4e Grenadier (un seul bataillon)
le 1e bataillon du 3e Grenadiers
Les trois bataillons ouest, c'est-à-dire les Chasseurs, subissent sur leur flanc gauche le tir des batteries britanniques. Ils affrontent les Guards du général Maitland. Ces derniers se sont dissimulés dans les blés. Dès que les Français arrivent, ils se dressent et vident leurs armes; 300 hommes du 3e Chasseurs s'effondrent. Le 4e Chasseurs se porte à la rescousse. Le corps à corps s'engage.

A l'est, les deux bataillons de Grenadiers parviennent à enfoncer la brigade britannique du général Colin Halkett. C'est en brandissant un étendard pour essayer de regrouper ses hommes que le général sera grièvement blessé. Toutefois, la division belgo-hollandaise du général Chassé que le Duc avait fait revenir de Braine-l'Alleud surgit, lance une contre-attaque. Le rapport des forces est de 10 contre 1 ; les Grenadiers sont refoulés.
Pour la première et la dernière fois de sa glorieuse histoire, la Garde plie et bat en retraite
Wellington ordonne alors la contre-attaque à l'ensemble de ses hommes. Submergée, la garde recule. La panique envahit l'armée française à l'exception des quatre bataillons de la garde disposés en carrés sur une seconde ligne 500 m en arrière. Ils s'efforcent de recueillir leurs frères d'arme et d'arrêter la contre-attaque que Wellington vient de lancer. Ils ne peuvent que se replier lentement, tout en freinant la progression de l'ennemi. Après de rudes combats, les Britanniques les pressent de se rendre. C'est alors que Cambronne aurait lâché son mot:"Merde !" Les derniers carrés de la Garde sont écrasés après de rudes combats. Seul le 1er Régiment de Grenadiers à pied de la Vieille Garde et le 1er Bataillon du 1er Chasseur à pied ont réussi à résister au 2 armées alliés et à se replier en ordre en colonne par section mais après avoir repoussé maintes attaque anglaises et prussiennes. La bataille de Waterloo forgea la gloire de la Garde impériale qui se battit jusqu'au bout...

# Posté le dimanche 08 mars 2009 17:24

Modifié le lundi 09 mars 2009 12:51